Un salaire de 2 300 euros brut mensuel figure sur votre contrat ou votre promesse d’embauche. Le montant qui arrivera sur votre compte bancaire chaque mois sera sensiblement différent. Entre les cotisations salariales, le statut cadre ou non-cadre et le prélèvement à la source, plusieurs variables modifient le résultat final. Voici ce que donnent les calculs pour 2026, ligne par ligne.
Tableau comparatif : 2 300 euros brut en net selon votre statut
Le taux de cotisations salariales diffère entre un salarié non-cadre et un cadre. Le tableau ci-dessous récapitule les montants mensuels et annuels pour chaque profil, avant application du prélèvement à la source.
| Brut | Net non-cadre | Net cadre | |
|---|---|---|---|
| Mensuel | 2 300 € | 1 794 – 1 799 € | 1 725 € |
| Annuel (12 mois) | 27 600 € | 21 528 – 21 585 € | 20 700 € |
| Taux de cotisations | – | Environ 22 % | Environ 25 % |
Les légères variations entre sources (1 794 € ou 1 799 €) tiennent aux arrondis et aux conventions collectives. L’ordre de grandeur reste le même : un non-cadre à 2 300 € brut perçoit autour de 1 799 € net avant impôt.
Pour un cadre, la cotisation APEC et une retraite complémentaire AGIRC-ARRCO majorée réduisent le net d’environ 70 € supplémentaires par mois. Sur une année, l’écart atteint près de 885 €.

Cotisations salariales sur 2 300 € brut : où part la différence ?
Les cotisations sociales prélevées sur votre salaire brut financent plusieurs postes. À 2 300 € brut, le montant retenu avoisine 501 € de cotisations salariales pour un non-cadre, soit 21,8 % du brut selon les données disponibles pour 2026.
Ce prélèvement couvre notamment :
- La CSG et la CRDS, qui représentent la part la plus visible sur la fiche de paie et s’appliquent sur une assiette légèrement supérieure au brut (98,25 % du salaire brut majoré de certaines contributions patronales)
- L’assurance vieillesse de base (CNAV), avec une cotisation plafonnée et une cotisation déplafonnée
- La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, dont le taux diffère selon que vous êtes cadre ou non-cadre, et qui explique l’essentiel de l’écart entre les deux statuts
- L’assurance chômage, dont la part salariale a été supprimée mais dont la CSG activité compense partiellement le financement
Le montant net affiché sur votre fiche de paie (1 799 € environ) correspond au net avant impôt sur le revenu. Ce n’est pas encore la somme virée sur votre compte.
Prélèvement à la source sur un salaire net de 1 799 €
Depuis 2019, l’impôt sur le revenu est directement retenu par l’employeur. Le taux appliqué dépend de votre situation fiscale personnelle : revenus du foyer, nombre de parts, autres sources de revenus.
Pour un salarié non-cadre à 2 300 € brut, les simulateurs indiquent un taux de prélèvement par défaut d’environ 2,1 %, ce qui ramènerait le net après impôt à environ 1 756 € par mois. Pour un cadre, avec un taux par défaut estimé à 1,3 %, le net après impôt se situerait aux alentours de 1 703 €.
Ces taux par défaut sont des moyennes calculées par l’administration pour les contribuables n’ayant pas transmis de taux personnalisé. En pratique, un célibataire sans enfant paiera davantage qu’un parent de deux enfants à revenu identique. La différence peut représenter plusieurs dizaines d’euros mensuels.
Taux personnalisé ou taux neutre
Vous pouvez demander l’application d’un taux individualisé (utile dans un couple aux revenus déséquilibrés) ou d’un taux neutre (si vous ne souhaitez pas que votre employeur connaisse votre taux réel). Le taux neutre est souvent plus élevé pour les bas salaires et plus faible pour les hauts salaires, ce qui peut modifier de quelques euros le montant réellement perçu.
Coût employeur pour un salaire de 2 300 € brut
Le brut n’est pas non plus ce que débourse réellement votre employeur. Les cotisations patronales (maladie, allocations familiales, accidents du travail, chômage, retraite complémentaire) s’ajoutent au salaire brut. Pour 2 300 € brut, le coût employeur mensuel se situe autour de 2 786 € à 3 335 € selon le statut et le secteur.
L’écart est large parce que le taux de cotisations patronales varie selon la convention collective, la taille de l’entreprise et l’éligibilité à la réduction générale des cotisations patronales (ex-réduction Fillon). À 2 300 € brut, soit environ 1,23 SMIC, le salaire reste éligible à cette réduction, ce qui allège le coût pour l’employeur.
Sur une année, le coût total employeur peut donc osciller entre 33 400 € et 40 000 € pour un salarié dont le net mensuel avoisine 1 799 €.

Perte d’emploi en 2026 : quel revenu avec 2 300 € brut ?
Les simulateurs concurrents s’arrêtent au salaire net en activité. La nouvelle convention d’assurance chômage, appliquée depuis le 1er avril 2025, change pourtant les paramètres pour un salarié à ce niveau de rémunération.
Depuis cette date, l’allocation chômage (ARE) est versée sur une base forfaitaire de 30 jours par mois, quel que soit le nombre réel de jours dans le mois. Le montant de l’ARE varie entre 57 % et 75 % du salaire journalier de référence, avec une partie fixe de 13,18 € par jour et une allocation minimale de 32,13 € nets par jour au 1er juillet 2026.
Les durées d’indemnisation ont aussi été ajustées :
- Jusqu’à 18 mois pour les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans
- 22,5 mois entre 55 et 56 ans
- 27 mois à partir de 57 ans
Pour un salarié à 2 300 € brut qui perd son emploi, le revenu mensuel en période de chômage sera donc nettement inférieur au net en activité, mais la durée de couverture reste significative pour les salariés les plus âgés.
Autre point à noter : depuis 2024, le refus de deux propositions de CDI après un CDD peut supprimer le droit à l’ARE. Un paramètre qui modifie la sécurité financière globale associée à ce niveau de salaire.
En résumé, 2 300 € brut mensuels génèrent entre 1 725 € et 1 799 € net avant impôt selon le statut, et entre 1 703 € et 1 756 € après prélèvement à la source avec les taux par défaut. Le montant exact dépend de votre convention collective, de votre situation familiale et de votre taux d’imposition personnalisé.

