62 ans et 9 mois. Voilà le chiffre qui scelle le destin des personnes nées en 1963 pour leur départ à la retraite en 2025. L’application de la dernière réforme fixe le cap, mais les exceptions et les ajustements de parcours dessinent une réalité plus nuancée. Carrière longue, inaptitude, interruption professionnelle ou statut particulier : le casse-tête législatif est loin d’être figé. Les règles évoluent encore au gré des textes, et la moindre période de chômage peut rebattre les cartes. Un panorama mouvant où chaque détail compte.
Ce que change la réforme de la retraite pour les personnes nées en 1963
2023 a soufflé le chaud et le froid sur la génération 1963. L’allongement du temps de travail et la hausse du nombre de trimestres à valider planaient. Puis, changement de cap : la réforme est interrompue jusqu’à janvier 2028. La loi 2025-1403, soutenue par le Conseil constitutionnel, vient l’inscrire noir sur blanc. Une chose est sûre : la génération née en 1963 n’essuiera pas les plâtres et ne partira pas à 64 ans.
En conséquence, celles et ceux qui ont vu le jour cette année-là peuvent envisager leur retraite en 2025 à 62 ans et 9 mois. Objectif inchangé pour le taux plein : 170 trimestres validés. Ce gel du calendrier desserre la contrainte pour ceux qui avaient déjà ajusté leur trajectoire. Les personnes nées de 1964 à 1968 profitent elles aussi de cette suspension, soumises au même dispositif.
| Génération | Âge légal de départ en 2025 | Durée d’assurance requise |
|---|---|---|
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
Ce report concerne une large diversité de profils : salariés, indépendants, nombreux agents de la fonction publique. Après de longs débats parlementaires, aucun changement ne s’appliquera avant le budget de la Sécurité sociale 2026. Pour toutes celles et ceux qui s’approchent du moment fatidique, le mode « pause » est activé.
À quel âge pourrez-vous partir à la retraite en 2025 ?
Peur du flou ? Pas cette fois. Si vous êtes né en 1963, votre seuil de départ en 2025 reste, sans discussion, à 62 ans et 9 mois. Ce repère vaut quel que soit votre régime, salarié du privé ou agent public sédentaire. La suspension de la nouvelle réforme met les compteurs sur stop.
Le taux plein nécessite toujours 170 trimestres validés. Ce double verrou protège celles et ceux qui arrivent au bout de leur carrière, évitant la dégradation du montant de la pension liée au manque de trimestres. Sans le bon compte d’annuités, la pension s’en trouve réduite, il faut donc vérifier chaque période à la loupe.
Pour clarifier les critères au moment de préparer votre départ, gardez ces deux points en tête :
- Âge légal : 62 ans et 9 mois
- Durée d’assurance : 170 trimestres pour obtenir le taux plein
La date de naissance devient le cadran qui fixe le calendrier. Ceux nés en 1963 peuvent donc déposer leur demande de retraite en 2025, sous réserve d’avoir validé assez de trimestres. Un départ anticipé en cas de trimestres manquants entraînera mécaniquement une pension minorée.
Les personnes nées en 1964 ne verront, elles non plus, aucune évolution l’an prochain. Mais le débat sur la prochaine réforme prévu pour 2028 pourrait rebattre toutes les cartes. Pour l’année 2025, le mot d’ordre reste : stabilité.
Cas particuliers : carrières longues, handicap, et autres situations spécifiques
Certains parcours ouvrent la porte à un départ anticipé. Le dispositif « carrières longues » permet de partir avant l’âge légal, à condition d’avoir démarré tôt et de totaliser une carrière complète. Exemple: une personne ayant travaillé avant 20 ans et validé ses 170 trimestres pourrait prétendre à la retraite aux alentours de 60 ans, selon son dossier.
Des exceptions existent aussi pour des secteurs précis. Pompiers, policiers, aides-soignants, agents de la fonction publique en catégorie active ou super-active : pour eux, le départ peut intervenir nettement plus tôt, parfois dès 52 ou 59 ans selon l’emploi et le statut. Ces dispositifs spécifiques demeurent intacts, la suspension de la réforme n’y change rien.
Côté handicap, la possibilité de partir dès 55 ans reste acquise si le taux d’incapacité et le nombre de trimestres requis sont réunis. Les situations de polyhandicap bénéficient elles aussi d’un départ anticipé. Le compte professionnel de prévention (C2P) continue d’offrir une possibilité de convertir des points en trimestres, garantissant à ceux qui exercent des métiers physiquement difficiles une issue plus clémente.
Pour les mères de famille, 2026 marquera une évolution : la pension sera calculée sur les 24 ou 23 meilleures années, selon le nombre d’enfants. Les femmes fonctionnaires bénéficient également d’un trimestre d’assurance supplémentaire par enfant à partir de septembre 2026. Ces nouveautés ne concernent pas les départs de 2025, mais signalent de futures inflexions du système.
Comprendre vos droits et démarches pour un départ serein
Pour éviter les mauvaises surprises, prenez le temps de faire un état des lieux complet de votre carrière. Relever vos périodes manquantes, vérifier que chaque étape professionnelle a bien été enregistrée et corriger à temps les éventuels oublis : cette vigilance peut changer la donne lors du calcul de la pension. Tout trimestre, qu’il s’agisse d’un stage, d’une période de chômage ou de service militaire, peut compter.
De nombreux outils de simulation existent pour estimer votre âge de départ et visualiser l’impact d’une éventuelle surcote ou décote. Ces simulateurs permettent d’obtenir des prévisions claires sur la pension selon différentes hypothèses. Voici quelques points pris en compte par ces outils :
- Âge légal : 62 ans et 9 mois pour les natifs de 1963 en 2025.
- Durée d’assurance à valider : 170 trimestres pour le taux plein.
- Surcote : 1,25 % de bonus par trimestre cotisé au-delà du taux plein.
Pensez à explorer les options de rachat de trimestres correspondant à vos années d’études ou aux périodes partielles. Les règles de rachat varient suivant le parcours et l’âge. Une autre donnée à surveiller : la minoration temporaire sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui entraîne une réduction de 10 % pendant trois ans en cas de départ anticipé.
Le cumul emploi-retraite reste possible sous certaines conditions, jusqu’à la prochaine refonte attendue en 2027. Les plafonds sont déterminés selon votre rémunération et votre âge, avec des règles spécifiques d’écrêtement. Quant à la retraite progressive, elle reste ouverte à ceux qui souhaitent amorcer une transition lente vers la sortie de la vie active tout en percevant une partie de leur pension. Suivre l’évolution des textes et se tenir informé sur les plateformes officielles permet d’ajuster ses choix et de préparer la dernière ligne droite dans de bonnes conditions.
À l’aube de 2025, la génération 1963 avance sans embûches majeures. Mais un dossier bien ficelé fera toute la différence face à l’imprévu. Cette clarté, patiemment construite, pourrait bien transformer le calcul final en atout. Demain appartient à celles et ceux qui maîtrisent chaque détail du parcours.


