Un chiffre simple, zéro, résume l’état des lieux : en France, aucune banque en ligne n’a mis la clé sous la porte, pas une faillite sèche à déplorer, malgré les rumeurs et les doutes qui circulent à chaque départ du marché. Quand des acteurs majeurs comme ING Direct ont quitté la scène hexagonale, tout s’est joué sous contrôle : les comptes ont changé de crèmerie, les clients ont retrouvé leurs avoirs chez d’autres banques, sans la moindre perte.
Les dépôts des clients ne sont pas laissés à la merci du hasard. Un dispositif solide, le Fonds de Garantie des Dépôts, protège jusqu’à 100 000 euros par client et par établissement. Ce filet réglementaire ne laisse aucune place à l’improvisation : même lors d’une fermeture ou d’un retrait, la sécurité des sommes confiées reste assurée.
Panorama des banques en ligne ayant cessé leur activité en France
Le secteur de la banque en ligne a secoué les codes du quotidien bancaire en France. Pourtant, la compétition acharnée avec les banques traditionnelles et de nouveaux géants du numérique a mis plusieurs enseignes à l’épreuve. Certaines n’ont pas tenu la distance.
Premier épisode marquant : ING. Cette filiale du groupe néerlandais a fermé boutique en 2022, laissant près d’un million de clients. Pas de faillite ni de panique : ING a orchestré une sortie ordonnée, transférant les comptes chez Boursorama, filiale de BNP Paribas. Les clients ont conservé leurs dépôts, la transition s’est opérée sans accroc.
Autre cas significatif : Ma French Bank, lancée par La Poste, a annoncé l’arrêt de ses activités début 2024. Malgré ses 700 000 clients séduits, les pertes accumulées, dépassant 200 millions d’euros, ont poussé à la fermeture. Là encore, les clients ont été aiguillés vers d’autres solutions bancaires, sans impact sur leurs économies.
Orange Bank a également tiré sa révérence. Malgré un portefeuille de plusieurs centaines de milliers de clients et des investissements lourds, l’équation de la rentabilité n’a jamais été résolue. Les clients ont été orientés vers d’autres offres, avec la continuité d’accès à leurs fonds et services bancaires.
La liste des sortants s’arrête là ou presque : pas d’effondrement brutal, seulement des choix stratégiques de retrait du marché français. C’est la robustesse du système et la protection des clients qui expliquent la rareté de ces départs précipités.
Quels sont les risques réels pour les clients lors d’une fermeture ?
Une banque en ligne qui ferme, c’est toujours l’inquiétude qui s’invite chez les clients. On imagine des comptes bloqués, des cartes refusées, des virements stoppés. Pourtant, l’expérience d’ING, Ma French Bank ou Orange Bank le prouve : la procédure suit un calendrier précis, dicté par la réglementation française.
Impacts immédiats sur les produits bancaires
Voici les conséquences concrètes à anticiper lors de la fermeture d’une banque en ligne :
- Progression vers la limitation ou l’arrêt des opérations classiques : retraits, virements, paiements peuvent être restreints graduellement.
- Arrêt de la souscription de nouveaux produits, clôture des comptes à terme et d’assurance vie selon les modalités prévues.
- Modification ou suspension immédiate des plafonds de cartes, souvent dans les dernières semaines d’activité.
Dans ce contexte, le quotidien des clients banque en ligne est chamboulé, mais l’organisation prévaut. Les établissements communiquent étape par étape via notifications, courriels et messages sur l’application. Les dates clés, le devenir des fonds, les démarches à entreprendre : tout est balisé.
La garantie bancaire prend le relais en cas d’incident. Les dépôts à vue, jusqu’à 100 000 euros par personne et par banque, sont protégés par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR). Pour les contrats d’assurance vie ou d’épargne, d’autres mécanismes, souvent propres à l’assureur partenaire de la banque, interviennent.
Quels sont les risques concrets ? La gestion de la transition reste le principal enjeu : anticiper les délais, organiser le transfert de ses opérations régulières, choisir une nouvelle banque. Les pertes pures sont rarissimes, comme en témoignent les sorties d’ING, Ma French Bank ou Orange Bank.
Vos fonds sont-ils protégés ? Garanties et dispositifs en place
Lorsqu’une banque en ligne ferme, une question revient sur toutes les lèvres : les dépôts sont-ils en sécurité ? Le système français n’a rien laissé au hasard. Plusieurs niveaux de garantie sont prévus pour écarter tout risque de panique et préserver vos finances, même en cas de fermeture soudaine.
Le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) en est le socle. Il protège les comptes à hauteur de 100 000 euros par personne et par banque, qu’il s’agisse de néobanques ou de banques traditionnelles. Pour un compte courant, un livret A ou un livret bancaire, le remboursement intervient généralement sous sept jours ouvrés après la déclaration de défaillance. Ce mécanisme a déjà été éprouvé lors des retraits d’acteurs comme ING ou Orange Bank.
Pour l’assurance vie, le dispositif change. C’est le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) qui entre en jeu, avec une couverture spécifique jusqu’à 70 000 euros par assureur et par souscripteur. Cette séparation entre les fonds bancaires et les contrats d’assurance protège mieux chaque typologie d’épargne.
Les garanties diffèrent selon le type d’actif concerné :
- Comptes courants et livrets : garantie FGDR jusqu’à 100 000 euros
- Assurance vie : garantie FGAP jusqu’à 70 000 euros
Pour les taux d’intérêt et les crédits en cours, d’autres règles s’appliquent : reprise éventuelle par un autre établissement ou gestion par un administrateur nommé. La réglementation française, particulièrement stricte, balise chaque étape pour limiter les pertes et préserver la stabilité des clients face à la disparition d’un acteur du secteur.
Que faire si votre banque en ligne ferme : solutions et alternatives concrètes
Les clients d’Orange Bank ou d’ING en France ont vécu l’expérience : la fermeture d’une banque en ligne peut frapper sans crier gare. Première réaction à adopter : surveillez les communications officielles, consultez votre espace personnel, sauvegardez vos relevés et examinez toutes les consignes concernant le transfert de vos fonds.
Restez vigilant sur le calendrier communiqué par la banque : il détaille les dates limites pour clôturer vos comptes ou rapatrier vos avoirs. Si la migration automatique vers une autre enseigne n’est pas prévue, ouvrez rapidement un compte dans une nouvelle banque. Plusieurs solutions existent : Boursorama et Hello Bank ont déjà accueilli de nombreux ex-clients d’ING et d’Orange Bank, souvent via des offres de bienvenue attractives.
Pour accompagner efficacement la transition, quelques démarches concrètes s’imposent :
- Préparez à l’avance vos justificatifs pour accélérer l’ouverture d’un nouveau compte
- Transférez sans tarder vos prélèvements automatiques et virements récurrents
- Récupérez vos avoirs pour éviter tout blocage pendant la fermeture
Attention, pour l’assurance vie et les crédits adossés à votre banque en ligne, prenez contact directement avec l’assureur ou l’organisme repreneur désigné. Les prêts en cours sont généralement transférés ou gérés par l’établissement acquéreur, comme l’a démontré Boursorama lors de la reprise d’ING.
Le paysage bancaire français continue d’évoluer. Que vous soyez tenté par la Banque Postale via Ma French Bank, par Money Group Banque, CCF ou une filiale d’une banque traditionnelle, les alternatives sérieuses ne manquent pas. Avant de vous engager, comparez les offres, analysez les conditions tarifaires et, surtout, assurez-vous de sécuriser vos fonds sans tarder.
Changer de banque n’est jamais anodin, mais dans un système aussi encadré, chaque client conserve le pouvoir d’agir et de rebondir sans craindre l’inattendu.

