Calcul de la retraite des expatriés quand on travaille à l’étranger

Un trimestre validé dans un pays étranger ne garantit pas toujours une prise en compte automatique dans le régime français. Certains accords bilatéraux limitent le nombre de pays cumulables, d’autres imposent des démarches spécifiques dès le retour en France. Un salarié ayant cotisé en dehors de l’Union européenne doit souvent justifier chaque période travaillée, parfois avec des justificatifs datés de plusieurs décennies. Les erreurs de calcul ou d’oubli de périodes étrangères persistent malgré l’harmonisation des systèmes de retraite.

Comprendre les règles de base de la retraite pour les expatriés : ce qui change quand on travaille à l’étranger

Travailler au-delà des frontières françaises, c’est aborder la question de la retraite différemment. Chaque pays dispose de ses propres règles, chaque régime impose ses formalités et la sécurité sociale française ne couvre plus systématiquement les périodes passées à l’international.

La question centrale pour les expatriés, c’est bien la validation des trimestres. Hors Union européenne, ou en l’absence de convention bilatérale, les droits acquis à l’étranger risquent de rester lettre morte sans certaines démarches. Dans ce cas, la caisse des Français de l’étranger (CFE) devient un filet de sécurité : en y adhérant et en maintenant ses cotisations, on garde la continuité de droits sociaux pour sa retraite française, à condition de ne pas négliger les déclarations et les paiements nécessaires.

Ce qui change concrètement

Les parcours professionnels à l’étranger exigent une attention particulière sur plusieurs plans :

  • Les conventions bilatérales entre la France et d’autres États permettent souvent de faire reconnaître automatiquement les périodes travaillées à l’étranger.
  • Sans accord spécifique, chaque période doit être prouvée par des attestations parfois difficiles à rassembler : certificat de vie, bulletins de salaire, justificatifs d’activité…
  • Seuls les trimestres validés selon les règles françaises sont pris en compte lors du calcul final ; les autres sont exclus, sauf en cas de rachat.

Constituer un dossier solide, conserver chaque justificatif, c’est s’assurer de ne pas voir ses efforts s’évaporer au moment du calcul. L’expérience internationale a ses exigences : il ne suffit pas de transférer un dossier, il s’agit de bâtir une preuve. Anticipation et rigueur font la différence. La CFE, tout comme les accords existants, sont des leviers à exploiter pour éviter les oublis qui coûtent cher.

Quels sont les régimes et accords applicables selon votre pays d’expatriation ?

Pour ceux qui s’installent hors de France, les règles varient selon le pays de résidence. Une quarantaine de conventions bilatérales ont été signées avec la France, couvrant des destinations comme le Canada, le Maroc, la Suisse ou la Corée du Sud. Chaque accord fixe ses propres conditions pour que les années travaillées à l’étranger soient prises en compte dans le calcul de la pension française.

Au sein de l’Union européenne, la coordination des régimes offre une fluidité : les périodes d’assurance sont reconnues d’un pays à l’autre. Travailler en Allemagne ou en Espagne, par exemple, ne rompt pas le fil de la carrière ; tout s’inscrit automatiquement sur le relevé de carrière français. Les institutions coopèrent pour éviter les ruptures de droits.

En dehors de l’Union européenne, le paysage change. Lorsqu’une convention existe, les droits sont conservés, sous réserve de suivre la procédure convenue des deux côtés. À défaut d’accord, c’est au salarié de prendre l’initiative. Les années passées dans des pays tiers, comme les Philippines ou certains États d’Afrique, ne sont pas intégrées d’emblée au calcul de la retraite. Dans bien des cas, il devient nécessaire d’envisager le rachat des trimestres manquants pour éviter les trous dans sa carrière officielle.

Prendre appui sur les bons interlocuteurs

Le Cleiss, centre d’expertise des accords internationaux, centralise toutes les informations utiles et détaille les démarches pays par pays. S’y référer dès le début permet de réunir les documents nécessaires et d’éviter les interruptions dans le parcours. L’objectif : garantir la continuité au moment de liquider ses droits en France.

Ces dispositifs vous concernent selon votre parcours :

  • Les règlements européens (Union européenne, Suisse, Liechtenstein) pour une prise en compte automatique des périodes travaillées
  • Des accords bilatéraux pour des pays comme le Canada, le Maroc ou la Corée du Sud
  • Le recours au rachat de trimestres pour les périodes dans des pays sans convention

Groupe de professionnels discutant en aéroport pour la planification de retraite

Conseils pratiques pour anticiper, calculer et optimiser sa retraite après une carrière internationale

Anticiper : collecter et conserver les traces de votre parcours

Pour mettre toutes les chances de votre côté lors du calcul de la retraite après un parcours international, rien ne remplace la prévoyance. Il faut archiver fiches de paie, attestations d’emploi, certificats et relevés de cotisations de chaque pays où l’on a travaillé. Adhérer à la CFE, pour ceux qui choisissent de cotiser volontairement, facilite grandement la gestion et la continuité des droits. Quant aux indépendants ou professions libérales, un suivi précis des cotisations, côté français comme local, s’impose.

Calculer : activer les bons leviers

Accéder régulièrement à son relevé de carrière reste la meilleure façon de vérifier que chaque période étrangère y figure bien. Si certaines années manquent à l’appel, le rachat de trimestres s’envisage, à condition d’évaluer l’intérêt financier en fonction de la convention existante ou non avec le pays concerné.

Pour préparer sereinement la retraite, quelques réflexes sont à adopter :

  • Pensez à demander régulièrement un certificat de vie si vous percevez déjà une pension depuis l’étranger
  • Calculez soigneusement votre salaire annuel moyen en intégrant les spécificités de chaque régime traversé

Optimiser : diversifier vos stratégies

Construire une retraite solide après un parcours international, c’est aussi miser sur la diversification. Assurance vie internationale, contrat de capitalisation, compte-titres ordinaire : chaque solution a ses avantages selon votre situation et vos projets. La mobilité professionnelle peut également ouvrir la porte au cumul emploi-retraite, un moyen d’adoucir la transition vers la retraite tout en préservant ses ressources. Rester attentif aux évolutions des réformes, le Conseil d’orientation des retraites n’est jamais loin, permet d’ajuster sa stratégie au fil du temps.

À chaque étape, bâtir sa retraite après une vie professionnelle internationale demande méthode et discernement. Derrière la complexité administrative, une opportunité se dessine : celle de transformer un parcours éparpillé en fondation solide. Au moment du départ, la vraie question ne porte plus sur les obstacles, mais sur les perspectives qui s’ouvrent. Préparer sa retraite internationale, c’est choisir de transformer sa trajectoire en force. Et qui sait ce que réserve la prochaine escale ?

Ne ratez rien de l'actu